Retour à l'observatoire

Dernière mise à jour : 31 août 2026.

Aucun document programmatique présidentiel n'est publié à ce jour. En conséquence, aucune des mesures qui suivent n'est un engagement 2027. Nous les datons et nous les attribuons : positions du groupe parlementaire, votes, déclarations de 2024 à 2026, ou éléments d'une campagne antérieure encore revendiqués.

Les sites agrégateurs testés présentent comme programme 2027 de Marine Le Pen, et de Jordan Bardella, la reprise littérale des vingt-deux mesures de la campagne présidentielle de 2022. Nous ne les utilisons pas comme preuve d'un engagement 2027. Le document le plus dense du corpus est le contre-budget 2026 du groupe Rassemblement national à l'Assemblée nationale, daté du 23 octobre 2025. C'est une note officielle de groupe, donc une source primaire, qui engage le groupe et non la candidate à titre personnel.

Santé et complémentaire

Suppression de la taxe sur les organismes complémentaires d'assurance maladie

Le contre-budget 2026 du groupe Rassemblement national inscrit, en double occurrence, « Suppression de la taxe sur les mutuelles (PLFSS 2026) » et « Suppression taxe sur les OCAM (organismes complémentaires d'Assurance maladie, mutuelles) », chiffrée 1,020 milliard d'euros. Note officielle de groupe parlementaire, 23 octobre 2025, https://rassemblementnational.fr/documents/GRN-CONTRE-BUDGET-2026.pdf. C'est la seule position chiffrée et documentée du RN portant directement sur la fiscalité des complémentaires santé. Elle vise la contribution exceptionnelle mise à la charge des organismes complémentaires par la LFSS 2026.

Le texte ne dit pas si la suppression s'étend à la taxe de solidarité additionnelle en régime permanent. Il ne dit pas non plus si l'économie attendue doit se traduire dans les cotisations, dans les marges ou dans les prestations.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

La contribution exceptionnelle pèse sur l'ensemble des organismes complémentaires : mutuelles, institutions de prévoyance et sociétés d'assurance. Sa suppression, telle que chiffrée par le groupe, retirerait cette charge fiscale du compte d'exploitation de ces trois familles, sans faire sortir un contrat du champ concurrentiel. La complémentaire santé demeure un marché. Ce qui se déplace, c'est un milliard d'euros de prélèvement, du secteur vers le budget public.

Le texte ne permet pas de dire si cette économie serait répercutée sur les tarifs, conservée en résultat ou affectée aux prestations. Les courtiers qui placent la complémentaire collective et individuelle verraient l'assiette fiscale de leurs portefeuilles allégée, sans que le mandat de distribution soit redéfini.

Protection sociale complémentaire des agents de la fonction publique hospitalière

Le même contre-budget inscrit « Mise en place dès 2026 de la protection sociale complémentaire pour les agents de la fonction publique hospitalière », chiffrée 0,460 milliard d'euros. Note officielle de groupe parlementaire, 23 octobre 2025, même URL.

Le texte ne nomme ni le véhicule, mutuelle, institution de prévoyance ou société d'assurance, ni les modalités de mise en concurrence, ni le sort des contrats existants.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

La ligne ouvre, ou accélère, un marché de complémentaire et de prévoyance pour un employeur public. Rien n'en sort de la concurrence : c'est au contraire un appel d'offres en puissance. Mutuelles, institutions de prévoyance et sociétés d'assurance peuvent y demeurer candidates. Ce qui se déplace, c'est 0,460 milliard d'euros de financement public vers des contrats collectifs.

Le texte ne permet pas de dire qui emporterait ce marché, ni si les courtiers y auraient un rôle d'intermédiaire ou si la personne publique contracterait en direct.

Opposition à l'extension et au doublement des franchises médicales

Le groupe RN a déposé et fait adopter l'un des amendements de suppression de l'article 18 du PLFSS 2026, qui étendait la participation forfaitaire et la franchise médicale aux consultations dentaires et aux dispositifs médicaux. Le député René Lioret a estimé que la mesure risquait d'« accentuer le renoncement aux soins ». Compte rendu de vote en commission par la presse parlementaire, LCP, 29 octobre 2025, https://lcp.fr/actualites/franchises-medicales-les-deputes-s-opposent-au-gouvernement-sur-l-extension-et-l. Le vote est un fait établi. La citation est de source secondaire.

Le texte de l'amendement, dans les sources consultées, ne dit pas ce que le groupe propose à la place pour financer le maintien du périmètre actuel.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Une extension des franchises à des postes aujourd'hui mieux couverts par l'assurance maladie obligatoire déplace, de fait, une part du reste à charge vers le contrat complémentaire, ou vers le ménage si le contrat ne les reprend pas. S'opposer à cette extension maintient la frontière actuelle entre l'obligatoire et le complémentaire. Rien n'en sort de la concurrence. Les organismes complémentaires n'ont pas à tarifer un nouveau poste de ticket modérateur.

Le texte ne permet pas de dire comment le groupe articulerait cette opposition avec un transfert éventuel de charge, faute de véhicule nommé.

Remplacement de l'aide médicale d'État par une aide médicale d'urgence

Le contre-budget 2026 inscrit « Remplacement AME par AMU », chiffré 1,300 milliard d'euros d'économies, avec une ligne connexe « Suppression visa pour soins » chiffrée 1,000 milliard d'euros. Le document emploie également la formule « Transformation de l'AME en AMU ». Note officielle de groupe, 23 octobre 2025, même URL.

Le 28 novembre 2024, le groupe a conditionné sa position sur le PLFSS 2025 à un ensemble de contreparties incluant une « réduction drastique de l'AME ». Communiqué officiel, https://rassemblementnational.fr/communiques/indexation-des-retraites-soutien-aux-entreprises-le-gouvernement-a-encore-quelques-jours-pour-revoir-la-copie-du-projet-de-loi-de-financement-de-la-securite-sociale.

La proposition de « supprimer l'AME et de la remplacer par une aide restreinte, exclusivement réservée aux soins d'urgence vitale » figure déjà dans le discours « Santé : protégeons les Français ! » du 9 décembre 2016, https://rassemblementnational.fr/discours/sante-protegeons-les-francais-discours-de-marine-le-pen. La ligne est reprise à l'identique dans le contre-budget 2026, donc encore revendiquée. Elle n'est pas, pour autant, un engagement 2027.

Le texte ne dit pas le sort des soins hors urgence vitale, ni celui des créances hospitalières non recouvrées.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

L'AME est un régime public. Les bénéficiaires n'alimentent pas, en règle générale, le marché de la complémentaire. Restreindre le périmètre à l'urgence vitale ne fait donc sortir aucun contrat concurrentiel du champ, et n'y fait entrer personne. Ce qui peut se déplacer, c'est une charge de soins non couverts vers les établissements, donc vers les comptes hospitaliers.

Le texte ne permet pas de dire une conséquence pour les courtiers, les mutuelles, les institutions de prévoyance ou les sociétés d'assurance. Aucune de ces familles n'est nommée.

Contrôle systématique de l'éligibilité aux affections de longue durée

Le contre-budget 2026 inscrit « Contrôler systématiquement l'éligibilité à l'ALD », chiffré 0,450 milliard d'euros d'économies. Note officielle de groupe, 23 octobre 2025, même URL. Cet item coexiste, dans le même document, avec la préservation de la niche fiscale sur les indemnités journalières des assurés en ALD.

Le texte ne dit ni les critères du contrôle, ni le sort des patients qui sortiraient de l'ALD, ni l'articulation avec le contrat complémentaire.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

L'ALD ouvre un remboursement à 100 % par l'assurance maladie obligatoire pour les soins en rapport avec l'affection. Un durcissement de l'entrée en ALD renvoie une part de ces soins vers le régime général, donc vers le ticket modérateur et, le cas échéant, vers le contrat complémentaire. Rien n'en sort de la concurrence : c'est un déplacement de charge, de l'obligatoire vers le complémentaire.

Le texte ne permet pas de dire le volume de ce déplacement, ni si les contrats responsables devraient être adaptés. La coexistence, dans le même contre-budget, d'un contrôle d'entrée plus sévère et du maintien de l'avantage fiscal des indemnités journalières des bénéficiaires n'est pas articulée.

Délivrance des médicaments à l'unité

Le contre-budget 2026 inscrit « Délivrance des médicaments à l'unité », chiffrée 0,550 milliard d'euros. Note officielle de groupe, 23 octobre 2025, même URL.

Le texte ne dit pas le périmètre des molécules concernées, ni le sort du remboursement complémentaire des médicaments.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

La délivrance à l'unité agit d'abord sur le circuit officinal et sur la dépense de l'assurance maladie obligatoire. Si elle réduit le volume délivré, elle peut, de fait, réduire aussi la part médicament des contrats complémentaires. Rien n'en sort de la concurrence.

Le texte ne permet pas de dire l'effet sur les prestations des organismes complémentaires, qui ne sont pas nommés.

Maintien du niveau de remboursement des médicaments

Le groupe RN a posé, le 28 novembre 2024, comme condition au gouvernement sur le PLFSS 2025, l'engagement à maintenir le niveau de remboursement des médicaments. Communiqué officiel, 28 novembre 2024, URL citée supra.

Le texte ne dit pas si ce maintien vaut pour la seule année 2025 ou au-delà, ni comment il s'articule avec la délivrance à l'unité.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Maintenir le remboursement obligatoire des médicaments évite un transfert de charge vers le contrat complémentaire. La frontière actuelle demeure. Rien n'en sort de la concurrence, rien n'y entre.

Le texte ne permet pas de dire ce qu'il adviendrait en cas de nouvelle baisse de taux, faute de véhicule nommé pour 2027.

Carte Vitale biométrique

Le discours du 9 décembre 2016, déjà cité, prévoit la création d'« une nouvelle carte Vitale biométrique, combinée à la carte nationale d'identité ». La mesure 22 des vingt-deux mesures de 2022 prévoyait un ministère de la lutte contre les fraudes, https://rassemblementnational.fr/22-mesures. Élément historique encore revendiqué, daté 2016 et 2022, qui n'est pas un engagement 2027.

Le texte ne dit ni le calendrier, ni le coût, ni l'articulation avec les organismes complémentaires.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Une carte biométrique vise la fraude à l'assurance maladie obligatoire. Elle ne redessine ni le périmètre des complémentaires, ni la distribution. Ce qui peut se déplacer, si la fraude recule, c'est un volume de prestations indues, d'abord public.

Le texte ne permet pas de dire une conséquence pour les courtiers ou pour les portefeuilles complémentaires.

Sur la grande Sécurité sociale et l'étatisation des complémentaires, l'ANI de 2013 et la complémentaire santé collective obligatoire, les contrats responsables, le 100 % Santé, la taxe de solidarité additionnelle en régime permanent, la complémentaire santé solidaire, le ticket modérateur, ainsi que l'articulation entre mutuelles, institutions de prévoyance et sociétés d'assurance, aucune proposition documentée à ce jour.

Retraite, prévoyance et dépendance

Paramétrage de l'âge légal et des annuités

Devant le Medef, à Roland-Garros, le 27 août 2026, Marine Le Pen a exposé un départ à 60 ans avec 40 annuités pour ceux ayant eu un premier emploi significatif avant 20 ans, avec progressivité jusqu'à 62 ans et 42 annuités pour ceux entrés plus tard, au lieu de 43 annuités dans la réforme de 2023. Citations rapportées : « La réforme des retraites que je propose part d'un principe qui n'est pas comptable » ; « C'est un choix de société » ; « le premier qui doit faire un effort, c'est l'État ». Coût assumé : 9 milliards d'euros, qualifié de « déficit assumé ». Mesure connexe : incitations au maintien en activité au-delà de l'âge de départ, avec suppression des cotisations retraite et chômage pour les salariés âgés poursuivant leur activité.

Aucun verbatim officiel du débat n'a été localisé. Les citations proviennent de reprises de presse, 28 août 2026 : Journal du Net, AFP via Boursorama, Sud Radio. Nous ne les élevons pas au rang d'engagement 2027.

La proposition de loi d'abrogation de la réforme des retraites déposée par Thomas Ménagé, député RN du Loiret, fixait l'âge légal à 62 ans et 42 annuités pour le taux plein. Les articles 1 et 2 ont été rejetés en commission des affaires sociales le 23 octobre 2024. LCP, https://lcp.fr/actualites/l-abrogation-de-la-reforme-des-retraites-proposee-par-le-rn-repoussee-en-commission. Jean-Philippe Tanguy, sur Public Sénat le 27 mai 2026 : « Nous reviendrons sur la réforme Borne et on revient sur 62 ans et 42 annuités ». https://www.publicsenat.fr/actualites/economie/retraites-le-rn-reflechit-a-supprimer-lage-legal-de-depart-mais-ce-nest-pas-aussi-simple-estime-jean-philippe-tanguy-rn.

Le contre-budget 2026 chiffre le « Lancement de la réforme des retraites MLP » à 1,500 milliard d'euros pour la première année. Ce chiffrage coexiste avec les 9 milliards assumés le 27 août 2026. Nous publions les deux, sans trancher. L'Institut Montaigne chiffrait le dispositif à 35 milliards en 2024 ; ce chiffre n'est pas celui de la candidate.

Le texte, dans aucune de ces sources, ne nomme un véhicule d'épargne retraite, ni le sort de la réforme de 2023 au-delà de l'âge et des annuités, ni les régimes spéciaux.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Le paramétrage annoncé est celui d'un régime par répartition. Il ne fait sortir aucun produit d'épargne retraite de la concurrence, et n'y en fait entrer aucun. Un départ plus précoce raccourcit, de fait, la phase de constitution d'une retraite supplémentaire et allonge la phase de service. Les contrats de prévoyance collective voient aussi changer la durée pendant laquelle le salarié reste au régime.

Le texte ne permet pas de dire l'effet sur les PER, les régimes collectifs ou l'assurance vie, qui ne sont pas nommés. L'écart entre 1,5 milliard pour la première année, dans le contre-budget, et 9 milliards assumés devant le Medef n'est pas expliqué. Faute de programme 2027, l'architecture reste celle d'une position, pas d'un véhicule.

Ouverture à une part de capitalisation volontaire

Le 14 juin 2026, dans l'émission « Dimanche en politique » sur France 3 : « Ce n'est pas possible de passer d'un système de retraites par répartition déficitaire à un système par capitalisation », mais « Je pense qu'il faut évidemment proposer aux Français les moyens pour qu'ils puissent se constituer une retraite complémentaire par capitalisation », et « Je suis bien consciente que ça ne suffit pas puisque l'objectif prioritaire, c'est de protéger les retraites de ceux qui n'ont pas les moyens ». Interrogée sur le maintien d'un âge légal : « bien sûr ». Interview retranscrite. Reprises consultées : Le JDD et Europe 1 / AFP, 14 juin 2026.

C'est une rupture avec la défense historique de la répartition pure par le RN. La capitalisation reste cadrée comme volontaire, complémentaire et non substitutive. Aucun véhicule, aucun régime fiscal, aucun cadre de gestion n'est précisé.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Une capitalisation volontaire et complémentaire laisse le régime de base hors du marché. Ce qui peut demeurer dans la concurrence, c'est tout l'existant : contrats d'épargne retraite, assurance vie, gestion sous mandat. Ce qui se déplacerait, si un cadre était créé, c'est une collecte nouvelle vers les assureurs, les sociétés de gestion ou un opérateur public.

Le texte ne permet pas de dire le véhicule, le gestionnaire, le régime fiscal, ni l'articulation avec les produits déjà ouverts. Les courtiers qui distribuent l'épargne retraite conserveraient un objet, à condition que le canal de distribution ne soit pas réservé. Rien de cela n'est écrit.

Indexation des retraites et dégel des prestations

Le contre-budget 2026 inscrit « Indexation des retraites et dégel des prestations », chiffrée 3,610 milliards d'euros. Note officielle de groupe, 23 octobre 2025, même URL.

Le texte ne dit pas l'indice retenu, salaires ou prix, ni la durée du dégel, ni l'effet recherché sur l'épargne retraite complémentaire.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

L'indexation porte sur les pensions publiques. Elle ne fait sortir aucun contrat du marché. Une pension de base mieux indexée peut, de fait, réduire le besoin d'un complément privé. Elle peut aussi, à l'inverse, laisser intact l'appétit pour une épargne volontaire, si le niveau reste perçu comme insuffisant.

Le texte ne permet pas de dire lequel de ces deux déplacements l'emporterait. Aucun produit n'est nommé.

Préservation de la niche fiscale des indemnités journalières des assurés en affection de longue durée

Le contre-budget 2026 inscrit « Préserver niche fiscale indemnités journalières ALD », chiffrée 0,883 milliard d'euros. Position défensive contre la fiscalisation des indemnités journalières des assurés en ALD envisagée dans le PLFSS 2026. Note officielle de groupe, 23 octobre 2025, même URL.

Le texte ne dit pas le sort des indemnités journalières hors ALD, ni celui des régimes de prévoyance collective.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Préserver l'avantage fiscal des indemnités journalières versées par l'assurance maladie obligatoire aux assurés en ALD maintient le statu quo. Rien n'en sort de la concurrence. Si ces indemnités étaient fiscalisées, le net perçu diminuerait et la prévoyance d'entreprise pourrait être sollicitée pour compenser. Le refus de cette fiscalisation évite ce déplacement.

Le texte ne permet pas de dire une conséquence pour les tarifs de prévoyance collective. Les organismes assureurs ne sont pas nommés.

Sur les régimes spéciaux, les PER et les véhicules d'épargne retraite, un fonds de pension à la française, la fiscalité de la capitalisation volontaire annoncée, la prévoyance collective d'entreprise, l'invalidité, le décès, le financement pérenne du cinquième risque, ainsi que l'assurance dépendance privée, aucune proposition documentée à ce jour. La cinquième branche de la Sécurité sociale, proposée en 2016, n'a pas été réaffirmée ; elle a par ailleurs été créée par la loi en 2020. Nous ne la présentons pas comme une position actuelle.

Risques climatiques et agricoles

Abstention sur la modulation de la surprime CatNat

Proposition de loi visant à reconnaître une politique nationale d'adaptation au changement climatique et à adapter les mécanismes d'assurance, n° 2037 et 2193, séance publique de l'Assemblée nationale du 8 avril 2026. Le groupe RN a voté pour les articles 1 et 2, et « nous nous sommes abstenus sur l'article 3 », relatif à la modulation de la surprime. Motif exposé par Emmanuel Blairy : la surprime « pénaliserait injustement la classe moyenne et les fonctionnaires ou militaires en mutation, et fragiliserait le tissu économique local ». En contexte de crise économique, la mesure n'est « pas audible ». Doctrine revendiquée : refus de l'« écologie punitive ».

Compte rendu officiel, deuxième séance du mercredi 8 avril 2026, https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/seance/session-ordinaire-de-2025-2026/deuxieme-seance-du-mercredi-08-avril-2026. Confirmation concordante : Banque des Territoires, 9 avril 2026, https://www.banquedesterritoires.fr/adaptation-au-changement-climatique-les-deputes-entrouvrent-la-porte-une-hausse-des-primes, qui précise que les députés RN « avaient déposé des amendements pour supprimer cette disposition, s'inquiétant de ses effets financiers pour les assurés ».

La proposition de loi prévoit également la fin de la reconstruction à l'identique en zone d'aléa. La position du RN sur ce point n'a pas pu être documentée. Il n'existe aucune proposition RN de réforme du régime CatNat. Aucune prise de position n'a été trouvée sur le taux de la surprime, passé de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

L'article 3 ouvre une brèche dans l'uniformité de la surprime du régime de 1982, pour les résidences secondaires et certains biens professionnels situés en zone exposée. S'abstenir, et avoir déposé des amendements de suppression, c'est refuser que cette part du risque sorte de la mutualisation nationale. Ce qui demeure dans le régime, c'est l'unicité tarifaire de la surprime. Ce qui ne se déplace pas, c'est la charge des territoires les plus exposés vers une prime géographiquement différenciée.

Le texte ne permet pas de dire comment le groupe traiterait l'assurabilité de ces territoires, ni le rôle de la Caisse centrale de réassurance, ni le fonds Barnier, qui ne sont pas nommés. Une abstention défensive n'est pas un régime de substitution.

Sur le régime CatNat en tant que tel, l'architecture et la garantie de l'État, le taux de la surprime, la Caisse centrale de réassurance, l'assurabilité des territoires exposés, le retrait-gonflement des argiles, la submersion marine, le recul du trait de côte, le fonds Barnier, l'assurance récolte en position actuelle, le volet assurantiel de la PAC, ainsi que l'urbanisme et la constructibilité en zone à risque, aucune proposition documentée à ce jour. Un communiqué du 8 juin 2016 appelait à indemniser les agriculteurs par le Fonds national de gestion des risques en agriculture ; il n'a pas été repris. Nous ne le présentons pas comme une position actuelle.

Biens et responsabilité

Refus d'une surprime de 5 % sur tous les contrats au titre des émeutes

Pétition officielle du parti, « Surprime d'assurance : NON à la double peine des émeutes. » Rejet d'une surprime obligatoire de 5 % sur l'ensemble des contrats, qualifiée de « double peine » punissant les victimes. Principe revendiqué « casseurs = payeurs », renvoyant à la proposition de loi « casseurs-payeurs » du RN de 2022. Amendement déposé après les émeutes de 2023 prévoyant l'expulsion du logement social des auteurs de dégradations. https://rassemblementnational.fr/petition/surprime-dassurance-non-a-la-double-peine-des-emeutes. Page non datée, postérieure aux émeutes de juin et juillet 2023. Pétition de parti, source primaire. Date exacte non établie.

La doctrine sous-jacente est le refus de la socialisation du coût des émeutes par un mécanisme assurantiel mutualisé, au profit d'une responsabilisation pénale et financière des auteurs. Le texte ne dit pas comment les assureurs recouvreraient les dommages si les auteurs sont insolvables, ni le sort de la garantie « émeutes et mouvements populaires » déjà portée par les contrats.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Une surprime de 5 % sur tous les contrats aurait fait sortir une part du coût des émeutes de l'équilibre technique des portefeuilles dommages, pour la répartir sur l'ensemble des assurés. Le refus laisse ce coût dans les contrats d'habitation et d'entreprise, donc dans la tarification, la réassurance et, le cas échéant, dans les refus de garantie. Rien n'en sort de la concurrence des contrats. Ce qui ne se déplace pas, c'est la charge vers un prélèvement universel.

Le texte ne permet pas de dire qui porterait in fine les sinistres émeutes : l'assureur, le réassureur, l'État ou l'auteur. Les courtiers qui placent les risques des collectivités et des commerces restent, dans cette pétition, hors du propos.

Transmission et épargne

Fiscalité des marchés financiers

Le contre-budget 2026 inscrit une « Taxe sur les rachats d'action » à 8,400 milliards d'euros, une « Taxe sur les transactions financières intra-journalières » à 3,000 milliards d'euros, et une « Taxe sur les superdividendes » à 0,750 milliard d'euros. Note officielle de groupe, 23 octobre 2025, même URL. Ces lignes sont d'abord budgétaires. Elles ne sont pas rédigées sous l'angle de l'assurance.

Le texte ne nomme ni l'assurance vie, ni les placements des organismes d'assurance, ni Solvabilité II.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Les assureurs sont des investisseurs institutionnels. Une taxe sur les rachats d'actions, sur les transactions intra-journalières ou sur les superdividendes toucherait, de fait, les émetteurs et les flux dans lesquels leurs fonds euros et leurs unités de compte sont investis. Rien n'en sort de la concurrence des contrats. Ce qui peut se déplacer, c'est le rendement net des supports, donc l'attractivité relative de l'assurance vie et de l'épargne retraite.

Le texte ne permet pas de dire cet effet. L'assurance n'y est pas nommée. Nous ne publions pas une position assurantielle que le document n'écrit pas.

Sur l'assurance automobile obligatoire, le prix des assurances et le pouvoir d'achat assurantiel, l'assurance habitation, la taxe spéciale sur les conventions d'assurance, la fiscalité de l'assurance vie, l'assurance vie et le financement de l'économie, l'assurance emprunteur, la réglementation du courtage, la DDA, l'ORIAS, l'autorégulation, la régulation ACPR, la discrimination tarifaire, l'assurance construction et décennale, les risques cyber, l'assurance des élus et la désassurance des collectivités, l'assurance des entreprises, la résiliation infra-annuelle, l'indemnisation des victimes, ainsi que la fraude à l'assurance hors fraude sociale, aucune proposition documentée à ce jour.

Un communiqué commun de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, le 20 avril 2026, confie à trois responsables la mission de rencontrer les fédérations professionnelles en vue d'un « grand projet d'ordonnance de simplification », https://rassemblementnational.fr/communiques/freins-a-la-croissance-et-simplification-jordan-bardella-et-marine-le-pen-associent-le-monde-economique. Aucune mention du secteur de l'assurance, du courtage, de la DDA, de l'ORIAS ou de l'ACPR. C'est un lancement de consultation, sans mesure. Nous n'en faisons pas une proposition.

Jordan Bardella est président du Rassemblement national. Nous ne lui ouvrons pas de fiche. Nous documentons ici la seule divergence retraites établie avec Marine Le Pen. Sur la santé, le climat, les biens et la fiscalité de l'assurance, aucune proposition qui lui soit propre n'est reprise dans cette section.

Substitution de la durée de cotisation à l'âge légal

Le 28 mai 2026, au grand oral de LCI, Jordan Bardella déclare que « L'âge de départ ne veut rien dire », que le système « n'est pas soutenable sur le plan économique », et qu'il faut un « nouveau système » fondé sur la durée de cotisation et non sur un âge. Source primaire de l'émission : LCI, 28 mai 2026. L'émission n'a pas été visionnée. Le verbatim complet n'est connu que par des reprises : Public Sénat, 12 juin 2026, https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/au-rn-la-reforme-des-retraites-divise-jordan-bardella-et-marine-le-pen-sur-le-programme-pour-la-presidentielle-2027 ; Senior Actu, 7 juin 2026. Nous ne l'élevons pas au rang d'engagement 2027.

En substituant les annuités à l'âge légal sur une base de 42 annuités, un actif entré à 22 ans partirait à 64 ans, entré à 24 ans à 66 ans. Marine Le Pen, le 14 juin 2026 sur France 3, maintient un âge légal, répondant « bien sûr » à la question, avec 62 ans et 60 ans pour les carrières longues. Le 28 mai 2026, jour du grand oral de LCI, Jean-Philippe Tanguy déclare sur franceinfo : « notre position est très claire : 62 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 20 ans » (rapporté par Senior Actu le 7 juin 2026, source secondaire). Le 27 mai 2026, le même Tanguy réaffirme sur Public Sénat le retour à 62 ans et 42 annuités, tout en reconnaissant que le parti « réfléchit » à la suppression de l'âge légal.

Une reprise indique qu'il aurait dit au Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 12 mai 2026, qu'il « examinerait » un possible relèvement de l'âge légal. L'article original n'a pas été consulté. Nous ne tenons pas cette ligne pour établie.

Le texte, tel que rapporté, ne nomme ni véhicule d'épargne, ni gestionnaire, ni régime fiscal.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Supprimer l'âge légal au profit des seules annuités allonge, pour les carrières commencées après 20 ans, la durée d'activité et donc la durée de cotisation aux régimes de prévoyance collective, ainsi que la phase de versement sur un produit d'épargne retraite. Rien n'en sort de la concurrence des contrats privés. Ce qui se déplace, c'est le calendrier de liquidation, plus tardif pour une part des actifs que dans le paramétrage retenu par Marine Le Pen.

Le texte ne permet pas de dire le véhicule, ni si cette architecture s'accompagne d'une capitalisation. Une ouverture de Jordan Bardella à des éléments de capitalisation circule en source secondaire, sans citation verbatim et sans source primaire identifiée. Nous ne la traitons pas comme une position établie. La divergence documentée avec Marine Le Pen porte sur l'âge légal, pas sur le marché de l'épargne.

Ce que nous n'avons pas pu vérifier

L'issue de l'appel du 7 juillet 2026, dans l'affaire des assistants parlementaires européens, n'a pas été établie. Constat factuel : un site officiel de campagne existe, et Marine Le Pen a participé au débat des candidats devant le Medef le 27 août 2026 en cette qualité.

Aucun verbatim officiel du débat du Medef n'a été localisé. L'émission LCI du 28 mai 2026 n'a pas été visionnée. L'article du Frankfurter Allgemeine Zeitung du 12 mai 2026 n'a pas été consulté. La presse spécialisée du secteur, L'Assurance en Mouvement et News Assurances Pro, ne remonte aucun article sur les requêtes « Rassemblement national », « Le Pen » et « Bardella ». L'Argus de l'assurance n'a pas été accessible pendant la collecte. La position du groupe sur la fin de la reconstruction à l'identique, prévue par la proposition de loi Barusseau, n'a pas été documentée.

Journal

31 août 2026 : première version.