Retour à l'observatoire

Candidature officialisée le 23 août 2026. Engagé dans la primaire du pôle socialiste « Choisir 2027 ».

Programme : Place publique a publié un document intitulé « L'Acte I, 42 chantiers du projet ». Ce PDF ne comporte aucune date de publication visible. Nous n'avons pas pu le dater par ailleurs. Nous le lisons comme une position 2024-2026, et non comme un engagement présidentiel de 2027. https://place-publique.eu/document/3Ari5O0s5O1L4iK1uyUhI0/pp-acte-un.pdf

Dernière mise à jour : 31 août 2026.

Le candidat du pôle socialiste n'est pas encore désigné. La primaire « Choisir 2027 » se tient au premier tour les 9 et 10 octobre 2026, au second tour les 16 et 17 octobre 2026. L'accord fondateur prévoit la construction d'un programme commun postérieur à la désignation. Les propositions individuelles recensées ici peuvent ne pas y survivre. Source : parti-socialiste.fr, 25 août 2026.

La déclaration de candidature du 23 août 2026 ne contient aucune proposition sur les retraites, la santé, la protection sociale ou la fiscalité. Elle porte sur l'écologie, les dépendances stratégiques et le refus d'accord avec La France insoumise.

Santé et complémentaire

Mutualisation des systèmes d'information entre assurance maladie obligatoire et complémentaires

Le chantier 25 de « L'Acte I », « Faire vivre le projet solidaire de protection sociale », prévoit de « Mutualiser les systèmes d'information entre assurance maladie obligatoire et complémentaires santé, afin de limiter les frais de fonctionnement du double système et simplifier les remboursements pour les patients. »

Document programmatique de Place publique, non daté. https://place-publique.eu/document/3Ari5O0s5O1L4iK1uyUhI0/pp-acte-un.pdf

Le texte constate le « double système » et le conserve. Il cible les frais de fonctionnement, pas le périmètre de couverture. Il ne dit ni le calendrier, ni l'opérateur de cette mutualisation, ni le financement, ni le sort des systèmes déjà détenus par les mutuelles, les institutions de prévoyance, les sociétés d'assurance et leurs délégataires.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Le chantier conserve le marché de la complémentaire. Mutuelles, institutions de prévoyance et sociétés d'assurance demeurent des payeurs distincts de l'assurance maladie obligatoire. Ce qui peut sortir de la concurrence n'est pas le contrat, c'est une fraction des frais de gestion, si la mutualisation produit l'économie annoncée. Pour les courtiers, le produit complémentaire santé reste à intermédier. Le reste à charge, les réseaux de soins et le choix de l'organisme ne sont pas abordés. Raphaël Glucksmann ne reprend pas une « grande Sécu ».

Fusion des régimes obligatoires, dite « Sécurité sociale unique »

Le même chantier 25 propose d'« Ouvrir un grand chantier afin d'aller vers une Sécurité sociale unique, simple et juste, qui fusionne tous les régimes pour garantir une couverture universelle ».

Document programmatique de Place publique, non daté. Même URL.

L'expression « Sécurité sociale unique » pourrait être lue comme une absorption des complémentaires. Le texte dit autre chose : la fusion porte sur « tous les régimes », c'est-à-dire le régime général, les régimes spéciaux, les indépendants et le régime agricole, donc une unification à l'intérieur de l'assurance maladie obligatoire. Cette lecture est confirmée par la mesure suivante du même chantier, qui maintient le double système. Aucune source consultée ne permet d'attribuer au candidat une position d'absorption des complémentaires. Le texte ne dit ni le calendrier de la fusion, ni le sort de la MSA comme opérateur, ni celui des caisses des régimes spéciaux.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Le marché de la complémentaire n'est pas refermé par cette formulation. Ce qui peut se déplacer, c'est l'architecture interne de l'obligatoire, pas le contrat complémentaire. Le texte ne permet pas de dire un effet sur les mutuelles, les institutions de prévoyance ou les sociétés d'assurance, ni sur la distribution. Nous référençons la phrase pour écarter un faux ami, pas pour y lire une grande Sécu.

L'Acte I documente par ailleurs un projet territorial de santé, des centres et maisons de santé, un « virage de la prévention » et la création d'un fonds territorial de prévention. Ces mesures portent sur l'offre de soins. Elles ne disent rien des organismes complémentaires.

Sur le ticket modérateur, les franchises médicales, les affections de longue durée, l'ANI de 2013, les contrats responsables, le 100 % Santé, la taxe de solidarité additionnelle, l'aide médicale d'État, la complémentaire santé solidaire et la trajectoire de l'ONDAM, aucune proposition documentée à ce jour.

Retraite, prévoyance et dépendance

Abrogation de la réforme de 2023 et départ à 60 ans pour certains

Le chantier 19 de « L'Acte I », « Des retraites justes pour une solidarité intergénérationnelle », écrit : « La réforme de 2023 est injuste. Elle doit être abrogée. » Il ajoute que « certains doivent pouvoir partir à la retraite à 60 ans », qu'il faut « mieux prendre en compte les carrières pénibles et les parcours hachés », et « Créer une nouvelle gouvernance du système, un Haut Conseil du Pilotage des Retraites » où « les partenaires sociaux seront majoritaires ».

Document programmatique de Place publique, non daté. Même URL.

Le texte ne nomme ni le nombre d'annuités, ni un étage de capitalisation, ni le PER, ni le sort des contrats d'épargne retraite déjà souscrits. Le Haut Conseil concerne la gouvernance de la répartition. Il ne dit rien des gestionnaires d'épargne.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

L'abrogation de la réforme de 2023 et la possibilité, pour certains, de partir à 60 ans resserrent le temps de cotisation. Un marché de l'épargne retraite vit aussi de la durée de la vie active et de l'incertitude sur le taux de remplacement. Place publique ne sollicite ni les assureurs, ni les institutions de prévoyance, ni les courtiers comme opérateurs d'un étage supplémentaire. Ce qui peut demeurer dans la concurrence, ce sont les contrats déjà ouverts. Le texte ne le dit pas.

Différenciation par l'espérance de vie en bonne santé, et rejet du retour à 60 ans

À l'occasion de son livre « Nous avons encore envie », paru le 28 mai 2026, Raphaël Glucksmann propose de réformer le financement de la protection sociale et des retraites « notamment en intégrant un critère d'espérance de vie en bonne santé ». L'argument rapporté est que « ceux qui ont les carrières les plus fragmentées et les métiers les plus difficiles pourraient partir plus tôt, mais ceux qui ont une espérance de vie en bonne santé plus longue, les cadres, doivent partir plus tard ».

Entretien restitué par LCP, 26 mai 2026. https://lcp.fr/actualites/presidentielle-raphael-glucksmann-devoile-les-premieres-lignes-de-son-possible-programme. Le livre n'a pas été consulté.

Le 24 août 2026, il déclare : « L'équité exige que ceux qui ont les carrières les plus hachées et les métiers les plus difficiles puissent partir à la retraite plus tôt », tout en rejetant le retour à 60 ans.

Public Sénat, 24 août 2026. https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/fiscalite-ecole-immigration-ce-que-propose-raphael-glucksmann

Le programme de Place publique écrit que la réforme de 2023 « doit être abrogée » et que « certains doivent pouvoir partir à la retraite à 60 ans ». Les déclarations du candidat, de mai à août 2026, ne réaffirment pas l'abrogation et rejettent le retour à 60 ans. Les deux corpus coexistent. Nous les publions tous les deux, sans trancher.

Manuel Bompard affirme que le candidat « renonce à l'abrogation de la retraite à 64 ans » dans son livre. C'est une allégation d'adversaire, source partisane et secondaire. Nous ne la validons pas. Une phrase circule également, « Si je vous avais dit toute la vérité, j'aurais flingué ma campagne », rapportée à propos des retraites. Aucune des sources qui la relaient ne fournit de source primaire vérifiable. Nous la signalons sans la valider.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

La logique personnelle du candidat n'est pas une abrogation. C'est un report différencié : plus tôt pour les carrières hachées et les métiers difficiles, plus tard pour les cadres à forte espérance de vie en bonne santé. Cette différenciation, si elle était retenue, ouvrirait un besoin d'épargne pour ceux qui partent plus tôt, et le réduirait pour ceux qui restent. Le candidat ne nomme aucun véhicule. Tant que le programme du parti et les déclarations du candidat divergent, le marché ne peut pas lire une architecture unique. Le texte ne permet pas de dire le sort du PER, ni celui de la retraite supplémentaire d'entreprise.

Indemnité d'aidant familial et réinvention de l'hébergement des personnes âgées

« L'Acte I » constate qu'« En vingt ans, ce sont plus de 20 millions de personnes supplémentaires qui perdront leur autonomie ». Il prévoit de « Soutenir les proches aidants », de créer un « service de relais et de répit », d'instaurer une « indemnité d'aidant familial », et de « Réinventer l'hébergement des personnes âgées », avec un recentrage des EHPAD sur les personnes très dépendantes et le développement de maisons de retraite ouvertes et de structures intergénérationnelles.

Document programmatique de Place publique, non daté. Même URL.

Ce sont des mesures de prestation et d'offre, pas de financement. Le texte ne dit rien du cinquième risque, ni du mode de financement du grand âge, ni d'un rôle des assureurs ou des mutuelles dans la couverture dépendance.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Le marché français de l'assurance dépendance existe, étroitement. Cette page ne le convoque pas, et elle ne le ferme pas. Le texte ne permet pas de dire si la couverture dépendance privée se développe, se contracte ou demeure hors champ. Pour les courtiers, aucun produit n'est nommé, aucun cahier des charges n'est dessiné.

Sur la retraite par capitalisation, le PER, l'épargne retraite, la prévoyance collective, les indemnités journalières, les arrêts de travail, l'invalidité et le décès, aucune proposition documentée à ce jour.

Risques climatiques et agricoles

Garantie universelle d'assurance climatique, financée par les assurances

Le chantier 11 de « L'Acte I », « Une révolution écologique par et pour les citoyens », porte cette phrase, mot pour mot : « Instaurer une Garantie Universelle d'Assurance Climatique, financée par les assurances, pour protéger tous les citoyens face aux risques climatiques, incitant à la prévention et adaptant les règles pour limiter l'exposition aux zones vulnérables. »

Document programmatique de Place publique, non daté. Chantier 11. https://place-publique.eu/document/3Ari5O0s5O1L4iK1uyUhI0/pp-acte-un.pdf

« Financée par les assurances » : la charge est assise sur le secteur assurantiel, et non sur l'impôt. La formule ne précise ni l'assiette, ni le taux, ni le véhicule. La formule ne dit pas s'il s'agit d'un relèvement de la surprime CatNat, d'une taxe nouvelle ou d'un fonds mutualisé. « Universelle » suggère un périmètre plus large que le régime CatNat actuel, mais le texte ne mentionne jamais ce régime, ni la CCR, ni la surprime. Aucune articulation avec l'existant n'est décrite. « Adaptant les règles pour limiter l'exposition aux zones vulnérables » signale un volet urbanisme et constructibilité, cohérent avec la défense des objectifs de zéro artificialisation nette figurant au même chantier. Aucune modalité n'est précisée.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Cette formule assied la charge sur le secteur, sans dire comment. Si la garantie est publique et universelle, une part du risque climatique peut sortir de la concurrence privée. Si elle n'est qu'un prélèvement nouveau sur les cotisations existantes, le contrat dommages aux biens demeure, et la charge se déplace dans le prix. Le texte ne permet de dire ni l'une ni l'autre. Il ne permet pas davantage de dire le rôle de la réassurance publique, le sort du fonds Barnier, ni ce qui resterait à intermédier pour un courtier. Le volet urbanisme, s'il limitait l'exposition des zones vulnérables, réduirait la sinistralité future. Il n'en fixe aucune règle.

Risque agricole : une approche par les prix, pas par l'assurance

Le chantier 14, « Soutenir celles et ceux qui nourrissent la France », prévoit une réforme de la PAC, un revenu de transition écologique pour les agriculteurs et les pêcheurs, des prix planchers rémunérateurs, des stocks stratégiques, des mesures miroirs aux importations, l'accès au foncier et l'installation des jeunes.

Document programmatique de Place publique, non daté. Même URL.

Ni l'assurance récolte, ni les calamités agricoles, ni le fonds de solidarité nationale ne sont mentionnés.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

L'approche du risque agricole est centrée sur les prix, pas sur l'assurance. Le texte ne permet pas de dire le sort de la réforme de la multirisque climatique entrée en vigueur au 1er janvier 2023, ni celui des subventions de prime, ni celui des seuils d'intervention de l'indemnité de solidarité nationale. Les courtiers agricoles et les assureurs de ce marché ne sont ni sollicités ni écartés. Ils ne sont pas nommés.

Sur le fonds Barnier, l'assurance récolte, le recul du trait de côte et la submersion marine, le retrait-gonflement des argiles, le régime CatNat, la surprime et la CCR, aucune proposition documentée à ce jour. Ces absences ont été vérifiées dans le PDF.

Biens et responsabilité

Extension du dispositif Visale

« L'Acte I » prévoit l'extension du dispositif Visale, garantie locative publique.

Document programmatique de Place publique, non daté. Même URL. Le texte ne précise pas le périmètre de l'extension.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Visale est une garantie locative publique. Elle est en concurrence directe avec la garantie des loyers impayés assurantielle. Une extension du dispositif public déplacerait, de fait, une part de ce risque hors du marché privé. Les assureurs et les courtiers qui portent la garantie loyers impayés verraient le flux se réduire d'autant. Le texte ne dit ni dans quelles zones, ni pour quels bailleurs, ni à quelle hauteur.

Sur l'assurance automobile, le prix des assurances, l'assurance habitation, la TSCA, la fiscalité de l'assurance vie, l'assurance emprunteur, la réglementation du courtage, la régulation ACPR, la discrimination tarifaire, l'assurance construction, les risques cyber, l'assurance des collectivités et l'indemnisation des victimes, aucune proposition documentée à ce jour.

Transmission et épargne

Taxation des « méga héritages »

« L'Acte I » propose de « lancer un grand chantier fiscal visant à rééquilibrer la répartition de la taxation entre le travail, le capital, l'héritage et les retraites ». Le 24 août 2026, Raphaël Glucksmann déclare : « Nous augmenterons la rémunération nette des travailleurs français et nous le financerons en taxant les méga héritages, les 1 % des plus gros héritages. » Objectif cité : 15 milliards d'euros pour augmenter les salaires.

C'est une position 2024-2026. Public Sénat, 24 août 2026. https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/fiscalite-ecole-immigration-ce-que-propose-raphael-glucksmann. « L'Acte I », non daté, même PDF.

Le candidat ne cite jamais l'assurance vie. Il ne nomme ni l'article 990 I, ni l'article 757 B du code général des impôts. Il ne dit ni l'assiette exacte, ni le taux, ni le sort des contrats d'assurance vie en cas de transmission.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

L'assurance vie est le principal véhicule de transmission patrimoniale en France. Son régime successoral serait le premier concerné par une taxation des plus gros héritages, si ces contrats entraient dans l'assiette. Le candidat ne l'écrit pas. Nous signalons le lien de cohérence, nous ne l'imputons pas. Si l'assurance vie était incluse, l'avantage comparatif du contrat en transmission s'en trouverait réduit. Si elle en était exclue, cet avantage s'en trouverait accru. Le texte ne permet de dire ni l'un ni l'autre. Pour les courtiers en patrimoine, le produit demeure. Sa place relative dans l'arbitrage successoral n'est pas écrite.

Label européen pour l'épargne

Le chantier 4 de « L'Acte I » prévoit de « Créer un label européen pour l'épargne afin de garantir que l'argent mis de côté par les Européens serve à financer des entreprises et des projets en Europe, plutôt qu'à investir dans l'économie de pays comme les États-Unis. »

Document programmatique de Place publique, non daté. Même URL.

C'est la seule mesure d'orientation de l'épargne du programme. Ni l'assurance vie, ni les assureurs comme investisseurs institutionnels, ni l'union des marchés de capitaux, ni la supervision financière ne sont mentionnés dans le PDF.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Un label d'allocation peut contraindre les unités de compte et, le cas échéant, les fonds euros, si le véhicule d'épargne visé est le contrat d'assurance vie. Le texte ne nomme pas ce contrat. Il ne permet pas de dire ce qui sortirait de la liberté d'allocation, ni ce qui y demeurerait. Les courtiers et les assureurs-vie ne sont pas cités comme opérateurs.

Vote en faveur d'une supervision européenne directe des services financiers

Selon sa fiche officielle au Parlement européen, mandat 2024-2029, Raphaël Glucksmann siège à la commission Sécurité et défense. Il n'est membre ni de la commission des affaires économiques et monétaires, ni de la commission de l'emploi, les deux commissions qui traitent de Solvabilité II, de la directive sur la distribution d'assurances, de l'IRRD et des retraites européennes. L'examen de ses explications de vote écrites ne fait apparaître aucune explication consacrée à l'assurance.

Le 10 septembre 2025, dans une explication de vote sur le rapport « Investissements et réformes pour la compétitivité européenne et la création d'une union des marchés des capitaux », il écrit : « Ce texte visait notamment à soutenir une capacité d'investissement public et privé accrue, une supervision directe des services financiers au niveau européen et le recours aux euro-obligations et actifs sûrs européens. J'ai donc voté pour ce texte. »

C'est une position 2024-2026. Parlement européen, explications de vote écrites. https://www.europarl.europa.eu/meps/fr/197694/RAPHAEL_GLUCKSMANN/other-activities/written-explanations

Le vote porte sur l'union des marchés de capitaux, pas sur l'assurance. Sur le devoir de vigilance, la CSDDD et la directive Omnibus, aucune source attribuant au candidat un vote ou une position individuelle documentée n'a été trouvée.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

C'est le seul indice documenté d'une doctrine prudentielle. Transposé à l'assurance, le soutien à une supervision européenne directe irait dans le sens d'un renforcement de l'EIOPA au détriment des superviseurs nationaux, donc de l'ACPR. Le texte ne permet pas de dire que cette transposition est voulue. Nous le manions avec cette réserve.

Primaire du pôle socialiste

Les positions ci-dessous sont celles de candidats à une primaire, non celles d'un candidat investi. Candidats déclarés fin août 2026 : Glucksmann, Brun, Guedj, Royal, Faure. Source : LCP, 26 août 2026, mise à jour 31 août 2026.

Karim Bouamrane ne participe pas à cette primaire. Il a déclaré le 2 juillet 2026 : « Non, je n'irai pas à la primaire », position confirmée le 26 août 2026. Aucune position assurantielle documentée le concernant n'a été trouvée.

Jérôme Guedj. Gel des cotisations des complémentaires santé pour 2026

Jérôme Guedj, député de l'Essonne, est « à l'origine de la disposition imposant un gel des tarifs des contrats santé pour 2026 ». La LFSS 2026 instaure une taxe nouvelle de 2,05 % sur les cotisations des complémentaires santé, tandis qu'un amendement interdit en parallèle toute augmentation des cotisations en 2026 par rapport à 2025. Il déclare : « Le législateur est clair, il souhaite qu'il n'y ait pas d'augmentation des tarifs. » Il a écrit aux grandes fédérations pour qu'elles informent leurs adhérents du gel obligatoire, et estime que les mutuelles peuvent absorber la taxe en réduisant leurs frais de gestion.

C'est une position 2024-2026. Public Sénat, 6 janvier 2026. https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/complementaires-sante-la-hausse-des-tarifs-pour-2026-est-elle-illegale. Valmen, 30 mars 2026, reprenant News Assurances Pro. https://www.valmen.fr/que-sest-il-passe-cette-semaine-sur-le-marche-de-la-sante-semaine-du-30-mars-au-3-avril-2026/

Mutuelles et assureurs contestent l'interdiction en invoquant « la liberté d'entreprendre et la liberté contractuelle » dans leurs contributions au Conseil constitutionnel. Une page dédiée existe sur jerome-guedj.fr. Le corps de cette page ne s'est pas chargé, le site étant en rendu JavaScript. Seul le titre est vérifié.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Le gel des cotisations, couplé à une taxe nouvelle sur les mêmes cotisations, comprime la capacité tarifaire des organismes complémentaires pour une année. Mutuelles, institutions de prévoyance et sociétés d'assurance portent la taxe sans pouvoir, d'après la lecture qu'en donne le député, l'intégrer au prix. Pour les courtiers, le levier de renégociation tarifaire est suspendu sur 2026. Le produit demeure. Les déclarations ne disent pas ce qu'il advient en 2027.

Jérôme Guedj. « Grande Sécu » ou « Sécu intégrale »

Il est décrit comme soutien de l'idée de la grande Sécu par News Assurances Pro, et se reconnaîtrait « dans la proposition de l'UFC-Que Choisir d'une Sécu intégrale », défendant « l'idée d'une grande Sécurité sociale avec des mutuelles intégrées ». Le dispositif UFC-Que Choisir invoqué comprend une prise en charge à 100 % des soins essentiels et la réorientation des cotisations d'assurances complémentaires vers la Sécurité sociale.

Position 2024-2026, sourcée imparfaitement. La seconde source, infos-ouvrieres.fr du 19 avril 2026, est un organe militant et ne cite aucune source primaire. Jérôme Guedj a publié sur son site une contribution intitulée « Financement de notre santé : le temps de la "Grande Sécu" est-il venu ? », dont le titre est vérifié mais dont le corps du texte ne s'est pas chargé. Trois sources indépendantes convergent. La formulation exacte de son engagement reste non établie.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Si la réorientation des cotisations complémentaires vers la Sécurité sociale était retenue, le marché de la complémentaire santé, dans son périmètre de soins essentiels, sortirait de la concurrence. C'est, dans cette primaire, la ligne de partage la plus nette avec Raphaël Glucksmann, qui se limite à mutualiser les systèmes d'information. Le sort des institutions de prévoyance, des sociétés d'assurance, des réserves et des salariés n'est écrit nulle part dans les pages que nous avons pu ouvrir. Nous ne l'inventons pas.

Jérôme Guedj a déposé une proposition de loi alternative sur le grand âge en 2023. Le contenu détaillé de cette proposition, financement de la dépendance, cinquième risque, rôle des assureurs, n'a pas pu être établi. Nous n'en faisons pas une analyse.

Philippe Brun. Capitalisation collective, fonds de pension public

Philippe Brun, député socialiste de l'Eure, a déclaré sa candidature à la primaire le 19 août 2026. Diagnostic : « Il n'y a pas aujourd'hui assez d'actifs par retraités, donc ça ne marchera pas » avec un système purement par répartition. Proposition : « un système mixte avec beaucoup de capitalisation ». Architecture : un fonds de pension public de 15 milliards d'euros par an, géré par les syndicats et les partenaires sociaux, rendement cible de 4 % par an, ressources tirées des dividendes des entreprises publiques et d'une taxation du capital, allocation vers la transition écologique, la souveraineté industrielle et l'innovation, véhicule : réactivation du Fonds de réserve pour les retraites, créé en 2001. « Philippe Brun n'est pas favorable à la capitalisation privée. »

Engagement de candidat à la primaire, 2027. LCP, 19 août 2026. https://lcp.fr/actualites/presidentielle-le-depute-philippe-brun-candidat-a-la-primaire-du-ps-veut-une-revolution. Europe 1 et Journal du Net, 21 août 2026, pour l'architecture détaillée.

Il propose également le rétablissement de l'ISF, une taxation des transmissions successorales et un « salaire Brun », baisse de la CSG sur les salaires inférieurs à 4 000 euros mensuels. La baisse de CSG touche une ressource de la Sécurité sociale, sans que la compensation soit documentée. L'article LCP indique que la santé, l'épargne, la banque et l'assurance ne sont pas abordées. Sur les complémentaires, l'assurance de biens et les risques climatiques, aucune proposition documentée à ce jour.

Mon analyse sur l'impact vis-à-vis des courtiers et des assureurs

Philippe Brun légitime la capitalisation comme principe et en écarte les acteurs privés. Le fonds est public, géré par les syndicats. Les assureurs et les sociétés de gestion ne sont ni mentionnés ni sollicités comme gestionnaires. Le PER existant n'est pas nommé. Ce qui peut demeurer dans la concurrence, c'est l'épargne retraite déjà souscrite. Le texte ne le dit pas. Ce qui se déplace, c'est le flux nouveau, hors du marché assurantiel. Cette architecture ne se confond pas avec un développement du PER.

Ségolène Royal. Un refus de débattre des retraites, pas une proposition

Candidature à la primaire annoncée le 10 juillet 2026. Le 31 août 2026, interrogée sur les retraites, elle déclare : « Je refuse ce débat tant que la question du retour de l'ISF n'est pas posée. »

C'est une position 2024-2026. franceinfo, 31 août 2026. Ce n'est pas une position sur l'âge légal. Elle ne se prononce ni pour ni contre l'abrogation.

Sa déclaration de candidature du 10 juillet 2026 donne la priorité à « l'urgence climatique » avec l'application des décisions de la COP21, à « l'urgence énergétique » pour les PME, et à un « ordre juste pour l'éducation, la santé, la sécurité quotidienne ». LCP, 10 juillet 2026. L'article ne détaille aucune proposition sur les retraites, la Sécurité sociale ou la fiscalité.

Sur la santé, les complémentaires, l'assurance et le régime CatNat, aucune proposition documentée à ce jour. Son passé ministériel à l'Environnement, de 2014 à 2017, n'a pas été exploré.

Olivier Faure

Premier secrétaire du Parti socialiste. Candidature confirmée le 30 août 2026 au journal de 20 heures de TF1. Priorités annoncées : « L'augmentation des bas salaires, la transformation écologique ou encore l'école. »

Sur l'assurance, la santé, les complémentaires, les retraites, la Sécurité sociale ou les risques climatiques, aucune proposition documentée à ce jour. Cette lacune tient à la fraîcheur de la candidature, déclarée la veille de l'arrêt des recherches. Un corpus de positions comme Premier secrétaire, notamment sur l'abrogation de la réforme des retraites de 2023, n'a pas pu être documenté.

Ce que nous n'avons pas pu vérifier

Le document « L'Acte I » n'est pas daté. Impossible de savoir s'il engage la candidature présidentielle de 2027 ou s'il la précède.

Le livre « Nous avons encore envie » n'a pas été consulté.

Le corps de deux pages de jerome-guedj.fr (gel des cotisations ; contribution « Grande Sécu ») ne s'est pas chargé.

Infos-ouvrieres.fr, 19 avril 2026 : organe militant, aucune source primaire citée.

Le Tribunal du Net, 17 juin 2026 : citation non vérifiée, non validée.

Compte X de Manuel Bompard : allégation d'adversaire.

Questions parlementaires écrites, interventions en plénière et rapports au Parlement européen du premier mandat 2019-2024 : non explorés.

L'Argus de l'assurance et News Assurances Pro : aucun article consacré aux positions assurantielles de Raphaël Glucksmann n'a été trouvé. Le secteur ne s'est pas encore saisi du dossier.

Journal

31 août 2026. Première version.