Depuis le début de 2021, les pièces détachées automobiles ont pris un chemin à sens unique. Ruptures d'approvisionnement en composants électroniques, hausse du coût de l'acier et de l'aluminium, désorganisation des chaînes logistiques post-COVID : le coût moyen d'une réparation carrosserie a progressé de 22 % entre janvier 2021 et septembre 2022.

Pour un directeur de flotte, cette hausse n'est pas qu'un sujet de factures garage. C'est un sujet d'assurance.

Pourquoi la franchise absorbe une partie de la hausse

Sur la plupart des contrats flotte PME, la franchise par sinistre matériel est fixée en valeur absolue : 400 €, 600 €, 800 € selon les véhicules. Cette franchise a été négociée à une époque où un pare-chocs avant coûtait 600 €.

En 2022, le même pare-chocs, avec ses capteurs de stationnement, ses éléments de carrosserie intégrés et son peinture teintée, coûte facilement 900 à 1 200 €.

Conséquence : la franchise couvre une proportion croissante du sinistre. Ce qui bénéficiait d'une prise en charge partielle est désormais intégralement à votre charge.

Sur une flotte de 50 véhicules avec une sinistralité habituelle de 12 à 15 sinistres matériels par an, l'impact peut représenter 10 000 à 15 000 € de charges supplémentaires par exercice, sans que le contrat n'ait changé.

Ce qui a également augmenté : les durées d'immobilisation

Les délais de réparation se sont allongés. Un véhicule en attente de pièces reste 15 à 20 jours en carrosserie contre 8 à 10 jours avant la crise. Si votre contrat prévoit un véhicule de remplacement limité en durée, ce delta est à votre charge.

L'Automobile Magazine Pro (octobre 2022) : « Les garages carrossiers constatent des délais d'approvisionnement en pièces de 3 à 6 semaines sur certains modèles récents. »

Ce qu'il faut renégocier

Trois points dans votre contrat méritent une révision à la lumière de l'inflation :

1 : Les franchises en valeur absolue. Demander leur conversion en pourcentage du sinistre ou leur revalorisation sur la base d'un indice.

2 : La durée de véhicule de remplacement. Porter de 10 à 20 jours minimum pour les véhicules utilitaires légers.

3 : Les valeurs d'agrément. Vérifier que la valeur assurée de vos véhicules tient compte de la revalorisation du marché de l'occasion.

Votre contrat flotte a plus de 2 ans et n'a pas été revu depuis ? La hausse des coûts de réparation est une raison valable de demander un audit.