*Brouillon Hugo, 28 août 2026. Voix Cabinet, registre Q4 (« vous »). Référence : APSAD R5, édition décembre 2024, lue via notes Iris (paraphrase Cybel). Aucune reproduction du texte CNPP. Pas de tarifs. Pas de mise en ligne tant que Laurent n’a pas dit OK.*

Le Code du travail, dans l’optique de protéger au mieux les individus sur leurs lieux de travail, impose à l’employeur de combattre rapidement tout commencement d’incendie. L’extincteur en est le premier secours le plus connu. Le robinet d’incendie armé, le RIA, en est un autre.

Cette disposition se limite somme toute à poser l’obligation, et, à l’article R. 4227-30, à dire « si nécessaire ». De fait, des règles manifestement plus exigeantes existent. Plusieurs peuvent être dénombrées, et en la matière celle de l’assemblée plénière des sociétés d’assurance dommages (APSAD) semble faire référence. Pour les RIA, c’est la règle R5, dont le respect est à même d’entraîner la remise du certificat Q5, que vous pourrez ensuite remettre à votre tour à votre assurance.

Ce qu’est un RIA, et ce que le Q5 atteste

Un robinet d’incendie armé se décrit simplement : un dévidoir axial, une vanne en amont, un tuyau semi-rigide de 30 m au plus, un diffuseur, une signalétique, et, le cas échéant, un bras pivotant. Le RIA se distingue de l’extincteur, que l’on porte à la main, et du poteau d’incendie, que les secours extérieurs viennent brancher depuis la rue. C’est un appareil de premier secours, alimenté en eau par une installation dédiée, destiné à un personnel formé, pour attaquer un commencement d’incendie en attendant des moyens plus lourds.

Lorsque le feu est de classe A et qu’un additif aide, la même logique produit un poste d’incendie additivé, le PIA : un RIA complété d’un doseur, fixe ou réglable, et d’une réserve d’émulseur, projetant par un diffuseur additivé ou une lance à mousse à bas ou moyen foisonnement. L’additif, un sel d’ammonium ou un mouillant, vise les feux de classe A.

Les diffuseurs ont des noms que l’installateur connaît déjà. Le DMFA combine un cône et un jet droit. Le DMFB combine un rideau et un jet droit. Le DMA-HT, destiné aux locaux électriques sous tension, n’a pas de jet droit.

L’installation est dédiée. Elle doit être capable d’alimenter les besoins d’extinction pendant au moins 20 min. Elle compte parmi les moyens de secours du référentiel APSAD R6. Elle n’est pas adaptée là où des substances réagissent violemment à l’eau.

Le Q5 ne décrit pas cet appareil. Il atteste qu’une vérification périodique a été conduite sur une installation qui existe déjà. Le certificat Q5 n’est ni une déclaration d’installation, ni le Q4 des extincteurs, ni le prolongement d’un catalogue de matériel. C’est le compte rendu de la vérification annuelle, qui dresse la liste des non-conformités, et que vous pourrez ensuite remettre à votre tour à votre assurance.

La loi, et ce qu’elle ne couvre pas

L’article R. 4227-28 dit que l’employeur prend les mesures nécessaires pour que tout commencement d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu. C’est l’obligation, et elle s’adresse à vous.

L’article R. 4227-29 développe le premier secours par extincteurs. Le Cabinet Devorsine y a déjà consacré une page, celle du [certificat Q4](https://www.devorsine.com/publications/certificat-q4-extincteurs-assurance.html). Nous ne la réécrirons pas.

L’article R. 4227-30 ajoute que, « si nécessaire », l’établissement est équipé de robinets d’incendie armés, de colonnes sèches ou humides, d’une extinction automatique ou d’une détection. Le Code dit « si nécessaire ». Il ne dit pas comment dimensionner un réseau que l’assureur puisse lire. Il se tait sur la pression à tenir au diffuseur le plus défavorisé, sur le délai d’arrivée de l’eau dans un réseau sec, et sur celui qui a qualité pour écrire le papier qui ira au dossier.

D’autres textes peuvent imposer un RIA selon la nature du lieu : la réglementation des établissements recevant du public, celle des installations classées pour la protection de l’environnement, celle des immeubles de grande hauteur. Ils sont nommés ici sans tableau. Chacun a son seuil, son vocabulaire. Aucun n’écrit, à votre place, la lecture que l’assureur attend d’une installation R5.

Lorsque plusieurs règles s’appliquent au même site, l’exigence la plus sévère l’emporte. Le Code du travail ne cède pas devant la R5. La R5 ne cède pas devant un usage professionnel moins-disant. La plus sévère gagne.

Ce que demande le référentiel APSAD R5

La règle R5, dans son édition de décembre 2024, fixe les exigences de conception, de réception et de maintenance des installations de RIA et de PIA, pour tous types de bâtiments. Elle organise une économie : concevoir selon le risque, alimenter par une source dédiée, implanter pour que le jet atteigne, recevoir par un dossier et des essais, puis maintenir pour que l’installation corresponde encore au risque.

La source d’eau est dimensionnée pour alimenter simultanément, pendant au moins 20 min, les deux RIA ou PIA de plus fort débit efficace. Deux appareils entrent dans le calcul hydraulique. Au diffuseur du RIA le plus défavorisé, la pression demeure au moins égale à 2 bar, en régime avec deux RIA ouverts. Pour un PIA, la pression d’entrée de l’appareil de projection demeure au moins égale à la valeur constructeur, ou, à défaut, à 2,5 bar. Si la source dépasse la pression maximale de service du RIA, un réducteur s’impose. Sur les réseaux secs, l’eau doit arriver à l’appareil le plus défavorisé en moins de 90 s.

L’implantation se compte par niveau, à l’intérieur des locaux protégés. L’axe du dévidoir se tient entre 1,20 m et 1,80 m. Des pictogrammes et une numérotation unique rendent les appareils lisibles ; le plus défavorisé est marqué. En principe, tout point de la surface est atteignable par au moins deux jets, le tuyau faisant 30 m au plus, la portée du cône 3 m en référence. Les locaux séparés par des portes EI 90 sont traités séparément. Dans une zone PIA, les deux jets sont des jets PIA : un RIA ne s’y substitue pas ; un PIA, à l’inverse, peut couvrir une zone RIA.

La règle admet des exceptions au principe des deux jets. Certains locaux maçonnés à un seul accès, des locaux fermés par une porte coupe-feu, ou encore des bâtiments séparés de moins de 10 m du risque protégé, peuvent n’être couverts que par un jet. Ce sont des exceptions, pas le régime ordinaire.

La protection peut être totale ou partielle. La protection totale couvre tous les niveaux d’un bâtiment ou d’un groupe. Elle laisse néanmoins de côté, parmi les cas notables, les locaux électriques, sauf analyse de risque, RIA HT, consigne et personnels formés ; les chaufferies gaz sans autre exigence ; les combles non accessibles ; les compartiments coupe-feu relevant de la règle R15. Si une installation d’extincteurs conforme à la R4, avec déclaration N4, est déjà en place, des locaux maçonnés de 200 m² ou moins, accessibles seulement de l’extérieur, et une zone administrative séparée de locaux techniques ou d’archives de moins de 100 m², à parois EI 30, peuvent aussi demeurer hors du périmètre total. Les zones de risque extérieur distantes de moins de 10 m, non séparées par un mur au moins ordinaire, entrent dans le périmètre.

La protection partielle couvre certains locaux, souvent les plus vulnérables, avec les mêmes exigences à l’intérieur de limites en parois de pleine hauteur.

La réception transfère l’installation de l’installateur à l’exploitant, après une vérification de conformité et un dossier technique. Ce dossier tient les plans, les schémas, les notes de calcul, les essais des deux appareils, le temps d’arrivée d’eau sur réseau sec, les consignes, les procès-verbaux d’épreuve hydrostatique et de rinçage, les documents constructeur, ou encore le résultat de conformité. Parmi les essais, l’épreuve hydrostatique des canalisations dure au moins 1 h, à une pression au moins égale à 12 bar ou à une fois et demie la pression maximale de service, la plus élevée des deux. Si la perte dépasse 0,3 bar, une action corrective s’impose.

Seule une entreprise titulaire de la certification de service APSAD de validation des installations RIA et PIA peut délivrer la déclaration de conformité N5, qui porte sur toutes les exigences, ou, à défaut, une déclaration d’installation, réduite à un minimum : la pression, le débit, l’autonomie, et une couverture adaptée à au moins un jet. Les résultats vont au registre de sécurité. Une modification hydraulique commande une revérification complète et une nouvelle déclaration.

La R5 ne vous demande pas de remplacer vos extincteurs par des RIA. Elle est complémentaire de la R4. Elle n’écrit pas davantage votre contrat d’assurance.

Qui délivre le Q5, et ce qu’il n’est pas

Le Q5 ne s’écrit pas tout seul, depuis le bureau du chef d’entreprise. C’est le compte rendu de la vérification périodique annuelle, remis par une entreprise titulaire de la certification de service APSAD de maintenance des installations RIA et PIA, sur une installation déjà couverte par un N5 ou par une déclaration d’installation. Il liste les non-conformités. Il contrôle aussi que l’installation correspond encore au risque.

Le N5, ou la déclaration d’installation, appartient à la réception. Le Q5 appartient à l’année qui suit, et à celles d’après. Deux certifications de service, deux moments, deux papiers. Le premier dit : l’installation a été reçue. Le second dit : elle a été vérifiée depuis, et voici ce qui reste à lever.

Le prescripteur typique est souvent le client, ou l’assureur. Le mécanisme est la certification de service APSAD. Il désigne qui a qualité pour signer, pas une vitrine à consulter.

Un Q5 porteur d’observations ouvertes n’est pas un papier que l’on range. C’est une liste d’écarts, datée, que quelqu’un dans l’entreprise doit lire.

Périodicité, observations, registre

Un Q5 n’est pas un acte unique. Il se suit.

L’exploitant tient au moins une surveillance trimestrielle : l’état visuel, l’accessibilité, la corrosion ou la fuite, les manomètres, et, pour un PIA, le doseur, la canne, les buses, la validité de l’émulseur, les marchandises dans la zone. Il forme et maintient au moins deux personnes pour la manœuvre et cette surveillance.

La visite annuelle, celle qui produit le Q5, appartient à l’entreprise certifiée. Elle comprend, dans l’économie de la règle, le disconnecteur, un essai à la pression maximale, la manœuvre de toutes les vannes, des mesures hydrauliques aux appareils les plus défavorisés comparées à la réception, un essai de débit de chaque appareil avec inspection complète du tuyau et un marquage daté, puis le réseau, les réservoirs, la pompe, l’armoire, la protection hors gel. Pour un PIA, une analyse physico-chimique de l’agent, par un laboratoire compétent, est annuelle ; des essais feu à petite échelle sont recommandés au-delà de cinq ans.

Tous les cinq ans, le bac est nettoyé, la vanne sèche est révisée avec un déclenchement réel, et chaque appareil subit un essai hydrostatique de 5 min à la pression maximale. À dix ans, le réseau est rincé et vidangé, la corrosion interne est inspectée, et les équipements sous pression sont regardés sous l’angle de leur conformité.

Les observations se lèvent. Un papier qui les porte encore, un an plus tard, est un papier que l’assureur saura lire.

Le Q5 entre au registre de sécurité, comme les autres Q. Le registre n’est pas un tiroir. C’est le lieu où le R6, comme cadre d’organisation, demande que quelqu’un lise, quelqu’un lève, quelqu’un rende compte.

Si l’installation est interrompue plus de 48 h, vous prévenez l’assureur, vous posez des mesures compensatoires, vous usez du formulaire prévu à l’annexe 4. Ce n’est pas une courtoisie. C’est un fait de la règle, et l’assureur y est nommé.

Une modification hydraulique rouvre la réception : revérification complète, nouvelle déclaration.

Utilité en assurance

Très exigeante, la R5 a l’avantage de rassurer grandement l’assureur concernant le risque incendie, sur le volet RIA, et est de fait souvent exigée par ce dernier lorsque le site en est équipé. Le Q5 lui donne une lecture opposable de l’installation. Il ne lui donne pas une garantie.

Rien, dans le référentiel, ne conditionne à lui seul une prime ou une garantie. Le levier est documentaire. Il devient contractuel si le contrat le dit. Trois plans sont à tenir séparés : la loi, qui pose l’obligation et dit « si nécessaire » ; le référentiel volontaire, qui décrit une installation que l’assureur sait lire ; la clause de votre contrat, qui peut exiger le Q5, ou ne pas l’exiger.

Selon la maturité de l’entreprise vis-à-vis de son programme d’assurance, le Q5 est déjà au dossier, ou il manque, ou il traîne des observations. La R5 nomme l’assureur au moins à deux reprises : comme prescripteur typique, et comme destinataire d’une notification lorsqu’une interruption dépasse 48 h. Elle n’écrit pas, à votre place, la clause qui vous sera opposée.

Sans certificat Q5, en cas de sinistre

Votre assurance vous demande un certificat Q5, lorsque le site porte des RIA, pour s’assurer de la tenue de cette installation de premier secours. En cas de sinistre, si l’assureur ne dispose pas de vos certificats Q5, il y a de grandes chances qu’il vous les demande pour instruire le dossier. Si vous n’en disposez pas, ou s’ils font apparaître des observations que vous n’avez pas levées, l’assureur peut appliquer une règle proportionnelle lors du règlement du sinistre. Cela signifie qu’il ne vous indemnisera pas à 100 % suite à ce sinistre.

Ce n’est pas un refus total promis. Il n’y a pas ici de barème affiché, parce qu’aucun n’est écrit dans la R5, et qu’en inventer un serait inventer une clause type. La règle proportionnelle est un mécanisme. Soyez donc particulièrement vigilant au suivi des certificats Q5 dans votre entreprise.

Le Q5 à côté du Q4

Le Q4 atteste des extincteurs, sous la règle R4. Le Q5 atteste des RIA, sous la règle R5. Deux papiers, deux installations, une même logique d’assureur. La page que le Cabinet Devorsine consacre déjà au [certificat Q4](https://www.devorsine.com/publications/certificat-q4-extincteurs-assurance.html) tient le premier. Celle-ci tient le second.

Un extincteur et un RIA ne se remplacent pas. Le premier se porte, reste à proximité, s’emploie tout de suite. Le second déploie un tuyau, tient une pression, demande une manœuvre que l’on a apprise. La R5 s’articule à la R4 sans l’absorber : certaines exclusions de la protection totale, des locaux maçonnés de 200 m² ou moins, une zone administrative de moins de 100 m², supposent qu’une installation d’extincteurs conforme à la R4, avec déclaration N4, est déjà là.

Le cas fréquent est celui d’un site sans RIA. L’assureur y demande alors le Q4, et ne demande pas un Q5. Inversement, un site équipé de RIA sans Q5 n’est pas « couvert par le Q4 ». Le papier des extincteurs ne parle pas du réseau, de la pression au plus défavorisé, ou encore des 20 min d’autonomie.

Le R6 comme cadre d’organisation

Le R6 n’est pas un Q6. C’est une règle d’organisation, d’application volontaire, qui décrit qui fait quoi pour que les moyens de secours, extincteurs, RIA s’il y a lieu, vivent dans un registre, avec quelqu’un qui lit les observations.

Au niveau minimal du R6, les RIA figurent parmi les moyens de secours. Plus généralement, les déclarations de conformité N aux référentiels APSAD et les comptes rendus de vérification Q sont exigés au registre, comme preuve de conformité des installations, dès l’organisation renforcée, et de nouveau dans le système de management du risque incendie.

Le Q5, de ce point de vue, ne change pas la règle. Il dit seulement que ce papier appartient au registre, et que le registre appartient à l’organisation. Le R6 est cité ici comme cadre. Il n’a pas encore, à la date de ce brouillon, d’adresse publique à pointer.

Former : le papier, puis les gens

Avoir une installation de RIA conforme à la règle R5, et certifiée Q5 pour les assurances, est une excellente chose, encore faut-il que les potentiels utilisateurs se sentent à l’aise et compétents à s’en servir en cas de départ de feu. L’action des collaborateurs sur le lieu de travail représente en effet la première intervention lors de la lutte contre un incendie. Elle précède ainsi l’intervention des pompiers.

La R5, comme le Code du travail et le R6, demande un personnel formé. L’exploitant forme et maintient au moins deux personnes pour la manœuvre et la surveillance trimestrielle. C’est un nombre, pas un effectif.

Former ses collaborateurs à ce sujet, c’est les sensibiliser au risque, protéger votre société, car ils seront les premiers à être en mesure d’intervenir. La certification Q5 atteste vis-à-vis des assurances de votre protection matérielle en cas d’incendie. Le facteur humain n’en demeure pas moins important. Concilier certification et formation, c’est vous protéger.

*Référence : APSAD R5, Robinets d’incendie armés et postes d’incendie additivés. Règle d’installation et de maintenance, édition décembre 2024, ISBN 978-2-35505-434-1. Le présent article expose l’économie de la règle pour l’assurance ; il n’en reproduit pas le texte.*