*Brouillon Hugo, 28 août 2026. Voix Cabinet, registre Q4 (« vous »). Référence : APSAD D19, édition 2019, lue via notes Iris (paraphrase Cybel). Document technique, pas une règle R. Aucune reproduction du texte CNPP. Pas de tarifs. Pas de mise en ligne tant que Laurent n’a pas dit OK.*

Le Code du travail, dans l’optique de protéger au mieux les individus sur leurs lieux de travail, impose aux entreprises de tenir leurs installations électriques. Cette disposition se limite somme toute à dire l’obligation de vérification, sans dire comment chercher un échauffement que l’œil ne voit pas.

La page que le Cabinet consacre au certificat Q18, en 2021, s’ouvre sur ce constat : 30 % des incendies sont d’origine électrique. Le Q18 dit la tenue de l’installation. Il ne dit pas, à lui seul, les échauffements invisibles, ceux d’un contact défectueux, d’une surcharge, d’une connexion qui se desserre.

Le contrôle par thermographie infrarouge, conduit selon le document technique APSAD D19, cherche précisément cela. Il est complémentaire des vérifications réglementaires. Le compte rendu qui en résulte, le certificat Q19, est souvent exigé par l’assureur. Il ne se substitue ni au Q18, ni au Code du travail, ni à la maintenance que vous devez déjà tenir.

Ce qu’est un contrôle par thermographie, et ce que le Q19 atteste

La thermographie infrarouge, appliquée aux installations électriques, rend visibles des échauffements que l’œil ne voit pas. Le document technique APSAD D19 encadre ce contrôle dans un but précis : la prévention de l’incendie, et non la thermographie de maintenance. Le contrôle se conduit sur une installation en charge, sans mise hors tension. Un contact qui se desserre, une connexion oxydée, un câble sous-dimensionné ou abîmé, un disjoncteur mal calibré ou défaillant, un porte-fusibles usé : autant de causes d’échauffement anormal que la visite à l’œil nu laisse échapper, et que la caméra, elle, enregistre.

La caméra est l’outil. Le Q19 est le papier. Le certificat est un compte rendu, établi sur le modèle du D19, portant en tête le récapitulatif des anomalies et une conclusion, accompagné d’un rapport détaillé. Il signale, et il ne clôt pas, à lui seul, le risque, si les observations restent ouvertes. Distinguer le contrôle et le papier importe : avoir reçu la visite ne suffit pas, si le dossier raconte encore des points laissés en l’état.

Le Q19 appartient au dossier que vous remettez à l’assureur. Il dit qu’un regard a été porté sur ce que la vérification réglementaire ne photographie pas, sans tenir lieu de Q18. Vous restez responsable de ce que le papier a vu, et de ce qu’il faut en faire.

La loi, et ce qu’elle ne couvre pas

Les vérifications électriques périodiques relèvent du Code du travail, aux articles R. 4226-14 et R. 4226-16, de l’arrêté du 25 juin 1980 pour les établissements recevant du public, et de l’arrêté du 30 décembre 2011 pour les immeubles de grande hauteur. C’est la loi. C’est le terreau du certificat Q18, que le Cabinet a déjà exposé, et du référentiel APSAD D18 qui en encadre la délivrance.

Le Q19 n’y figure pas. Le compte rendu de thermographie n’est pas une obligation générale des ERP, ni le prolongement automatique de ces articles. L’assureur, ou le contrat, peut néanmoins le demander. La loi dit de vérifier l’installation. Elle ne dit pas de la photographier à l’infrarouge.

Il faut, en la matière, tenir distincts trois plans. Le premier est l’obligation légale de vérification. Le deuxième, le référentiel APSAD D18 et le certificat Q18. Le troisième, le document technique D19 et le compte rendu Q19. Le second et le troisième appartiennent à la famille APSAD. Seul le premier est la loi. Rien, dans ces textes, ne fait du Q19 une périodicité légale. Confondre les trois plans, c’est croire que le contrat répète le Code du travail, ou que le D19 a force d’arrêté. Ni l’un ni l’autre n’est vrai.

Ce que demande le document technique APSAD D19

Le D19 n’est pas une règle R. C’est un document technique, dans son édition de 2019. Il dit comment conduire le contrôle, ce que l’entreprise intervenante doit tenir, ce que l’entreprise utilisatrice doit préparer, et ce que le dossier doit contenir. Il ne dit pas à quelle cadence revenir sur site. Cette périodicité du contrôle n’appartient pas au D19. Elle vient du contrat d’assurance, ou du prescripteur. Elle a sa place plus bas.

Le contrôle se fait en charge, sans mise hors tension. Le périmètre de principe couvre presque toute l’installation : les postes, les cellules haute tension, le TGBT, les disjoncteurs, les sectionneurs, les armoires basse tension, les boîtes de jonction, les armoires d’automates, les machines, les terminaux, les chemins de câbles, les câbles d’équipements critiques, ou encore les installations photovoltaïques, hors panneaux. Ce n’est pas un catalogue que l’opérateur parcourt de son propre chef. C’est une liste de matériels, établie par l’utilisateur, ou établie par le prestataire et validée par l’utilisateur. Des matériels non listés, le prestataire s’en décharge. Un matériel à charge nulle n’est pas inspecté ; il est signalé comme tel. Le papier, à cet endroit, dit aussi ce qu’il n’a pas vu. Si un TGBT a été oublié sur la liste, ce TGBT n’a pas été contrôlé. Si une armoire était hors charge, la caméra n’a rien eu à lire.

Le but est de prioriser les actions. Une observation de priorité 1 appelle une action immédiate : la liste de ces actions est remise et contresignée en fin de visite, ou transmise de façon traçable. La première priorité n’attend pas le classeur.

Le dossier est double. En tête, le compte rendu Q19, sur le modèle du D19, avec le récapitulatif des anomalies et la conclusion. À sa suite, un rapport détaillé. Le rapport porte les dates, la caméra (modèle, numéro, optique, logiciel), le nom de l’opérateur et la copie de son attestation, le nom de l’accompagnateur, le certificat de la caméra. Pour chaque matériel de la liste, l’opérateur indique qu’il n’a pas été contrôlé, et pourquoi, ou qu’il n’a rien à signaler. Chaque anomalie a sa fiche : le lieu, l’analyse, la recommandation, une photographie visible du point chaud, un thermogramme, un niveau de priorité. La conclusion donne un avis sur le niveau de sécurité incendie électrique du site, des recommandations, et, s’il y a lieu, des analyses complémentaires.

Le dossier complet est dû sous trois semaines, en français, sous la forme d’un fichier PDF non modifiable, ou de deux exemplaires papier. La conservation n’est pas un détail de secrétariat. Le dossier se garde au moins deux périodes d’inspection, ou cinq ans si la visite est unique. Deux périodes, quelle que soit la cadence que le contrat a fixée. Cinq ans, si vous n’avez reçu qu’une visite.

La caméra doit être certifiée CNPP. À partir du premier jour de la troisième année après sa fabrication, une attestation annuelle de vérification périodique est exigée. C’est une périodicité de l’outil, non de votre contrôle.

L’utilisateur prépare la visite. Il fournit la liste des matériels, les contraintes, un plan de prévention, un accompagnateur compétent, une personne habilitée à ouvrir les armoires et à prendre des mesures, les conditions d’accès, et les pourcentages de charge, sans lesquels le matériel à charge nulle resterait une zone d’ombre non dite. La mission demeure complémentaire. Elle laisse intactes la vérification réglementaire, le Q18, la maintenance, et les contrôles de productivité des installations photovoltaïques.

Qui délivre le Q19, et ce qu’il n’est pas

Pour délivrer un Q19, l’opérateur doit détenir une attestation de compétence CNPP en cours de validité, obtenue après un test initial, entretenue par la formation continue et la pratique, et soumise à un recontrôle au moins tous les quatre ans. Les opérateurs qui satisfont à cette exigence figurent sur la liste L19. Il doit aussi détenir une habilitation électrique, délivrée par son employeur, selon la NF C 18-510. Il est le seul auteur, et le seul signataire, du dossier. Le papier a un nom. Ce n’est pas un tampon d’installateur électrique, posé au bas d’une visite.

La caméra qu’il emploie est certifiée CNPP. Une fois atteint le premier jour de la troisième année après fabrication, l’attestation annuelle de vérification de la caméra fait partie du dossier, au même titre que l’attestation de l’opérateur. L’outil et l’homme sont l’un et l’autre tenus à jour. Votre visite, elle, a une autre horloge, celle du contrat.

Signer le Q19, ce n’est pas lever les observations, et ce n’est pas davantage attester que la maintenance a été faite. Vous restez responsable de faire traiter ce que le compte rendu signale. Le Q18, de son côté, reste un autre regard, sur un autre document. Le prestataire a vu, a priorisé, a écrit. Le reste est le vôtre.

Périodicité, observations, registre

À quelle cadence faut-il faire contrôler l’installation par thermographie ?

Le document technique D19 ne fixe pas d’intervalle. La périodicité du contrôle vient du contrat d’assurance, ou du prescripteur. Vous vérifiez, dans la police, les dispositions qui portent sur la thermographie : la cadence, l’envoi du dossier. Vous dites, avant la visite, s’il s’agit d’un contrôle neuf, d’un contrôle après modification, ou d’un contrôle périodique que le contrat a fixé. Confondre cette cadence avec une règle légale, ou avec une règle que le D19 aurait écrite, est une erreur. Le D19 dit comment. Il ne dit pas quand.

Les seules périodicités que le texte porte sont celles de l’outil et de l’opérateur. La caméra : attestation annuelle, à partir de la troisième année après fabrication. La compétence de l’opérateur : recontrôle au moins tous les quatre ans. Ni l’une ni l’autre ne dit la cadence de votre visite. Cette cadence, vous la lisez dans le contrat, et vous la tenez.

Un Q19 n’est pas un acte unique. Les observations se lèvent. Un papier qui accumule les mêmes points chauds d’une année sur l’autre raconte autre chose qu’une prévention. Il raconte une liste relue, et non traitée. Après la visite, vous envoyez copie du dossier, le Q19 et le rapport, à l’assureur, et vous tracez le suivi des anomalies. Vous fournissez aussi, pour que la visite puisse se faire, le dossier précédent, le Q18, le classement BE2 ou BE3, le zonage ATEX. Sans ces pièces, l’opérateur travaille à vue. Avec elles, il s’inscrit dans ce qui a déjà été dit de l’installation.

Le Q19 entre au registre de sécurité, à côté du Q18. Un compte rendu que personne ne range, que personne ne relit, que personne ne suit, n’informe plus personne. C’est au registre que le référentiel APSAD R6, plus bas, viendra le chercher.

Utilité en assurance

Le contrôle par thermographie a l’avantage de rassurer grandement l’assureur concernant le risque d’incendie d’origine électrique, non par un slogan de caméra, mais par un compte rendu lisible, complémentaire du Q18. Très exigeant dans sa préparation, il est de fait souvent exigé par ce dernier. Selon la maturité de l’entreprise vis-à-vis de son programme d’assurance, le Q19 est déjà au dossier, ou il manque, ou il n’a pas été suivi d’actions.

Rien, dans le document technique, ne conditionne à lui seul une prime. Le levier est documentaire. Il devient contractuel si le contrat le dit. D’où l’envoi, après la visite, du Q19 et du rapport à l’assureur. Un papier que l’assureur n’a pas est un papier qui n’existe pas au moment d’instruire. La police, ici, n’est pas un détail : c’est elle qui dit si le Q19 est exigé, à quelle cadence, et sous quelle forme il doit lui parvenir.

Ce que l’assureur tient, ce n’est pas une image thermique : c’est un avis, signé, sur le niveau de sécurité incendie électrique du site, et la preuve que les anomalies de première priorité n’ont pas été laissées à la porte de l’armoire. Le Q18 lui dit la tenue. Le Q19 lui dit les échauffements. Les deux, s’ils sont demandés, tiennent ensemble.

Sans certificat Q19, en cas de sinistre

Votre assurance vous demande souvent un certificat Q19, à côté du Q18, pour s’assurer de votre prévention du risque d’incendie d’origine électrique. En cas de sinistre d’origine électrique, si l’assureur ne dispose pas de vos certificats Q18 et Q19, il y a de grandes chances qu’il vous les demande pour instruire le dossier. Si vous n’en disposez pas, ou s’ils font apparaître des observations que vous n’avez pas levées, l’assureur peut appliquer une règle proportionnelle lors du règlement du sinistre. Cela signifie qu’il ne vous indemnisera pas à 100 %. Soyez donc particulièrement vigilant au suivi des certificats Q19 dans votre entreprise, comme vous l’êtes déjà, ou devriez l’être, pour le Q18.

Un Q18 sans Q19, lorsque le contrat demandait les deux, n’est pas un dossier complet. Inversement, le Q19 ne dispense pas du Q18. Les deux papiers répondent à deux questions. En manquer un, alors que les deux étaient exigés, laisse le dossier court. Ce n’est pas un barème, ni la promesse d’un refus total. C’est un mécanisme : la proportionnelle réduit l’indemnité.

Des observations non levées pèsent autant qu’un papier absent. Un Q19 qui accumule les priorités 1 d’une visite sur l’autre, sans travaux derrière, dit à l’assureur autre chose qu’une installation tenue. Soyez attentif au papier, et à ce qu’il est devenu une fois rentré.

Le Q19 à côté du Q18

Le Q18 atteste, selon le référentiel D18, de la vérification des installations électriques. Le Q19 atteste d’un contrôle par thermographie, selon le D19. Deux papiers, deux regards, une même installation.

Le Q18 ne voit pas tout ce que la caméra voit. La caméra ne remplace pas la vérification réglementaire. Avant la visite, l’utilisateur devrait remettre le Q18, le classement BE2 ou BE3 et le zonage ATEX : l’opérateur de thermographie travaille avec ce que le Q18 a déjà dit, il ne le refait pas. Le Cabinet a exposé le [certificat Q18](https://www.devorsine.com/publications/certificat-q18-assurance-electricite.html) dans une page distincte, qui demeure la référence pour ce que le Q18 dit de la tenue de l’installation.

Les deux documents appartiennent à la famille APSAD. Ils ne se recouvrent pas. Demander l’un sans l’autre, lorsque le contrat les tient ensemble, laisse une part de l’installation sans regard. Les tenir tous les deux, et ne suivre que l’un, revient au même.

Le R6 comme cadre d’organisation

Le référentiel APSAD R6, « Maîtrise du risque incendie et du risque industriel », dans son édition de janvier 2019, ne crée pas un nouveau Q. Il s’appuie sur ceux que l’assureur connaît déjà.

Au niveau minimal, les vérifications électriques annuelles s’accompagnent des comptes rendus Q18 et Q19, et du suivi des actions correctives. Ce n’est pas un Q6. C’est le registre. Le R6 demande que quelqu’un lise ces papiers, lève les observations, en rende compte. Un Q19 sans suivi n’entre pas dans une organisation : il entre dans un classeur. Le papier atteste d’une visite. Le R6 demande que ce papier vive dans une organisation.

Le niveau minimal vaut pour tout établissement. C’est aussi le niveau visé pour le tertiaire à faible effectif, ou les petits sites dont les risques sont jugés faibles, analysés par l’employeur en relation avec son assureur. Y faire figurer le Q18 et le Q19 n’est pas une décoration du registre. C’est la preuve que les vérifications électriques ont un destinataire, et que les correctives ont un suivi. Passer le papier d’une main à l’autre, sans le lire, n’est pas une organisation. C’est un classage.

Le papier, puis la maintenance

Avoir un contrôle par thermographie conduit selon le D19, et un Q19 vis-à-vis des assurances, est une excellente chose, encore faut-il que les observations deviennent des travaux, et que les travaux redeviennent un papier propre.

L’humain, ici, n’est pas d’abord celui qui tient la lance. C’est celui qui ouvre l’armoire, qui laisse l’accès, qui accompagne, qui est habilité à prendre des mesures, qui lève les observations, qui relance la maintenance. Le D19 demande cette présence : un accompagnateur compétent, une personne habilitée à ouvrir les armoires, des conditions d’accès, un régime de charge énoncé, parce qu’un matériel à charge nulle n’est pas inspecté. Sans cette présence, la caméra photographie une porte fermée, ou une installation éteinte. Le papier ne suffit pas.

Le compte rendu atteste ainsi vis-à-vis des assurances d’un regard porté sur les échauffements invisibles. Le facteur humain n’en demeure pas moins important. Concilier Q18, Q19 et maintenance, c’est vous protéger.

*Référence : APSAD D19, Thermographie infrarouge, document technique pour le contrôle d’installations électriques, édition 2019. Document technique, pas une règle R. Le présent article expose l’économie du document ; il n’en reproduit pas le texte. Le « 30 % » cité en ouverture est celui de la page du Cabinet consacrée au certificat Q18, 2021.*