Depuis l'arrêt des données de cette note au 29 avril 2026, les événements ont confirmé (et, sur certains aspects, aggravé) son scénario central. La situation dans le détroit d'Ormuz demeure non résolue, l'Organisation maritime internationale signalant encore fin août plusieurs centaines de navires empêchés de quitter la région en toute sécurité.[13] Parallèlement, la prise par les Houthis du port stratégique de Moka et d'une île située dans le détroit de Bab el-Mandeb renforce considérablement leur capacité de contrôle et de perturbation de cette seconde voie maritime essentielle.[14] Le risque porte donc désormais sur un double verrou énergétique et logistique, à l'entrée du golfe Persique comme de la mer Rouge.
Après son repli du début de l'été, le Brent s'est réinstallé au-dessus de 100 dollars le baril et évoluait encore autour de 105 dollars lors des dernières séances observées, confirmant la persistance d'une forte prime de risque géopolitique.[15] Le scénario de statu quo prolongé présenté ci-dessous, associé à un Brent compris entre 95 et 115 dollars, ne constitue donc plus seulement une hypothèse : il est devenu le scénario de référence, avec un risque d'évolution vers le scénario haut en cas de fermeture effective des deux détroits ou de nouvelle escalade régionale.
Les données 2025 de l'assurance automobile confirment parallèlement la fragilité technique du marché : les cotisations ont atteint 30,2 milliards d'euros, les prestations 24,6 milliards d'euros, en hausse d'environ 11 %, et le ratio combiné demeure voisin de 101 %. Les cotisations propres aux flottes d'entreprises ont atteint 3,28 milliards d'euros, soit une progression de 6,8 %.[16]
Sur le plan réglementaire, le calendrier présenté dans la note doit désormais être lu en tenant compte de la suppression des anciens quotas LOM applicables aux flottes privées de plus de 100 VP/VUL, remplacés par une taxe incitative fondée sur des cibles de verdissement de 18 % en 2026 et 25 % en 2027.[17] La contribution au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions passera par ailleurs de 6,50 à 8,50 euros au 1er janvier 2027.[18]
En conclusion, les analyses et recommandations de la note restent pleinement opérantes : l'exposition demeure particulièrement forte pour le transport routier de marchandises, le transport public et les activités dépendantes des flux automobiles, tandis qu'elle reste plus modérée pour les flottes classiques de VL et VUL. La préparation des renouvellements 2027 doit désormais être immédiate : sécurisation des capacités, actualisation des données de sinistralité, réexamen des franchises et de la conservation, renforcement de la prévention et de la télématique, stress tests budgétaires sur des hypothèses de pétrole durablement élevé et pilotage conjoint du coût d'assurance, du TCO et de la transition énergétique.